`1              
`23-franteme`1
braille intgral

        baccalaurat
        technologique

        session `2023

          franais

     preuve anticipe

    jeudi `15 juin `2023

     dure de l'preuve:
          `4 heures
       coefficient: `5

  l'usage de la calculatrice
et du dictionnaire n'est pas
autoris.

  ds que ce sujet vous est
remis, assurez-vous qu'il est
complet.

a`1                         `2
  ce sujet comporte `10 pa-
ges, numrotes de `1/10 
`10/10 dans la version origi-
nale et `40 pages dans la
version braille intgral num-
rote de `1/40  `40/40.




















`2                          `3
  vous traiterez au choix,
l'un des deux sujets suivants:

  `1-- commentaire de texte
(`20 points)

  objet d'tude: le roman et
le rcit du moyen 1ge au
xxi^e sicle.

      `;les notes de bas de
    pages se trouvent  la fin
    du texte page braille `7'

  thophile gautier, la
morte amoureuse, `1836.

  :bien qu'on l'ait averti
que clarimonde est un vampi-
re, le narrateur poursuit sa
relation avec elle. toute-
fois, rendu mfiant, il dcide
de surveiller ses faits et
gestes: il positionne


a`2                         `4
notamment un miroir pour
l'observer sans qu'elle s'en
doute.

  cependant, un soir, je vis
dans ma glace, dont elle
n'avait pas calcul la
perfide `1 position, clari-
monde qui versait une poudre
dans la coupe de vin pic
qu'elle avait coutume de pr-
parer aprs le repas. je pris
la coupe, je feignis `2 d'y
porter mes lvres, et je la
posai sur quelque meuble comme
pour l'achever plus tard  mon
loisir,
    l.`5
et, profitant d'un instant o
la belle avait le dos tourn,
j'en jetai le contenu sous la
table; aprs quoi je me reti-
rai dans ma chambre et je me
couchai, bien dtermin  ne
pas dormir et  voir ce que
tout cela deviendrait. je
b`2                         `5
n'attendis pas longtemps;
clarimonde entra en robe de
nuit, et, s'tant dbarrasse
de ses voiles, s'allongea dans
le lit auprs de moi. quand
elle se fut bien assure que
je dormais, elle
    l.`10
dcouvrit mon bras et tira une
pingle d'or de sa t2te; puis
elle se mit  murmurer  voix
basse:
  "une goutte, rien qu'une
petite goutte rouge, un rubis
au bout de mon aiguille!...
puisque tu m'aimes encore, il
ne faut pas que je meure...
ah! pauvre amour, ton beau
sang d'une couleur pourpre si
clatante, je vais le boire.
dors, mon seul bien;
    l.`15
dors, mon dieu, mon enfant; je
ne te ferai pas de mal, je ne
prendrai de ta vie que ce
qu'il faudra pour ne pas lais-
c`2                         `6
ser teindre la mienne. si je
ne t'aimais pas tant, je pour-
rais me rsoudre  avoir
d'autres amants dont je tari-
rais `3 les veines; mais de-
puis que je te connais, j'ai
tout le monde en horreur...
ah! le beau bras! comme il
est rond! comme il est blanc!
je n'oserai jamais piquer
cette jolie veine bleue." et,
    l.`20
tout en disant cela, elle
pleurait, et je sentais pleu-
voir ses larmes sur mon bras
qu'elle tenait entre ses
mains. enfin elle se dcida,
me fit une petite piq5re avec
son aiguille et se mit 
pomper le sang qui en coulait.
quoiqu'elle en e5t bu  peine
quelques gouttes, la crainte
de m'puiser la prenant, elle
m'entoura avec soin le bras
d'une petite bandelette aprs
avoir frott la plaie d'un
d`2                         `7
onguent `4 qui la cicatrisa
sur-le-
    l.`25
champ.

      `1 perfide: trompeuse,
    tra3tresse.
      `2 je feignis: je fis
    semblant.
      `3 tarirais: viderais
    compltement.
      `4 onguent: pommade.
----------------------------`3

  vous ferez le commentaire
littraire de ce texte en vous
aidant des pistes suivantes:

  -- une scne de ruses et de
rvlations.
  -- un amour tragique.





`4                          `8
  `2-- contraction de texte
(`10 points) et essai
(`10 points)

  objet d'tude: la littra-
ture d'ides du xvi^e au
xviii^e sicle.

  compte tenu de l'9uvre et
du parcours tudis durant
l'anne, vous traiterez l'un
des trois sujets suivants:

  a- rabelais, gargantua,
chapitres xi  xxiv.
parcours: la bonne ducation.
  texte d'aprs philippe
meirieu, "rsister aux algo-
rithmes", l'cole des pa-
rents, no`638, janvier-
fvrier-mars `2021.





a`4                         `9
  b- la bruyre, les
caractres, livre xi "de
l'homme". parcours: peindre
les hommes, examiner la natu-
re humaine.
texte d'aprs anne-marie
lecoq, article "physiognomo-
nie", encyclopaedia uni-
versalis.

  c- olympe de gouges,
:dclaration des droits de
la femme et de la citoyenne.
  parcours: crire et
combattre pour l'galit.
texte d'isabelle gras, "et
pourtant, elles crent!",
l'lphant, no`17, janvier
`2017.







`5                         `10
       a -- rabelais,
    gargantua, chapitres
  xi  xxiv. parcours:
     la bonne ducation.


  texte d'aprs philippe
meirieu, "rsister aux algo-
rithmes", l'cole des pa-
rents, no`638, janvier-
fvrier-mars `2021.

  contraction de texte

  vous rsumerez ce texte en
`201 mots. une tolrance de
`!/-10 est admise: votre
travail comptera au moins
`181 mots et au plus
`221 mots.
  vous placerez un repre
dans votre travail tous les
`50 mots et indiquerez,  la
fin de votre contraction, le
nombre total de mots utiliss.

a`5                        `11
      `;les notes de bas
    de pages sont en fin de
    texte page braille `18'

  nous avons tous vcu cette
exprience: commander un livre
ou un dvd sur une plate-
forme et, dans les minutes qui
suivent, recevoir un courriel
"personnel" -- "vous avez ai-
m.... vous aimerez..." --
nous suggrant d'autres
titres, trs proches de celui
que nous avons command. mais
ce qui est tout  fait ac-
ceptable pour des
    l.`5
adultes en capacit de choisir
aprs avoir explor diffrents
domaines ne peut, en aucun
cas, 2tre considr comme un
modle ducatif pour nos
enfants et nos adolescents.
notre devoir ducatif  leur
gard est, tout au contraire,
de leur faire dcouvrir des
b`5                        `12
univers et des 9uvres vers
lesquels ils ne se seraient
pas tourns spontanment et
d'largir ainsi leur palette
de choix: "tu as aim ce ro-
man
    l.`10
policier... et si tu essayais
ce livre d'histoire ou ce re-
cueil de posies?"
  les algorithmes  l'9uvre
sur la toile nous facilitent
peut-2tre la vie, mais ils
sont surtout efficaces pour
orienter et "booster" nos
achats! en ralit, ils font
de chacun de nous un "c9ur de
cible" dont le "profil" est
minutieusement construit 
partir des donnes qu'il
fournit, l'enr4lant malgr lui
dans une gigantesque machine 
    l.`15
consommer "toujours plus de la
m2me chose". pire, leur
objectif est d'identifier nos
c`5                        `13
centres d'intr2t du moment
pour mieux nous rabattre vers
les objets auxquels nous
semblons 2tre le plus r-
ceptifs. de m2me, au lieu de
lui permettre d'exercer son
esprit critique en lui propo-
sant des informations nouvel-
les, prcises, argumentes et
des points de vue contra-
dictoires, les rseaux so-
ciaux, par leur mode de
    l.`20
fonctionnement m2me, enferment
le sujet dans ses croyances et
ses certitudes et le poussent
 radicaliser ses positions...
la libert de penser suppose
au contraire de s'ouvrir au
doute et d'aller toujours vers
plus d'exigence de prcision,
de justesse et de vrit.
  c'est dire l'importance de
notre responsabilit ducati-
ve,  nous, parents,

d`5                        `14
    l.`25
enseignants, ducateurs, si
nous voulons apprendre  nos
adolescents  rsister aux ma-
nipulations, autrement dit 
oser penser par eux-m2mes,
conformment  l'idal des
lumires.
  une t1che infiniment dli-
cate! en effet, on ne permet
pas  un adolescent de penser
par lui-m2me en lui imposant
d'abdiquer ses ides et en lui
assnant nos
    l.`30
propres certitudes. car ses
convictions rev2tent bien sou-
vent un caractre identitaire
et, en cherchant  les ar-
racher, on prend le risque de
l'humilier et de le voir se
butter en prenant systma-
tiquement le contrepied de ce
qu'on lui dit. il appartient
au jeune de faire lui-m2me le
chemin de son
e`5                        `15
mancipation `1, d'accepter
l'change avec autrui pour
enrichir son propre point de
vue, d'examiner ce dernier au
regard de ses
----------------------------`6

    l.`35
nouvelles connaissances, de se
poser les questions qui lui
permettront de se remettre en
cause et, pour finir, d'int-
rioriser les exigences qui le
conduiront  la pense libre.
  est-ce  dire que nous n'a-
vons rien  faire? bien vi-
demment non! c'est  nous, en
effet, de crer les situations
gr1ce auxquelles l'enfant puis
l'adolescent pourra
    l.`40
accder -- petit  petit et
sans qu'il ose l'avouer tout
de suite -- au doute et  la
pense critique.  l'cole,
on pourra, pour cela, dvelop-
a`6                        `16
per l'exprimentation scienti-
fique et le travail de fabri-
cation technologique: en se
trouvant confront  la r-
sistance des choses, l'lve
-- qui ne peut l'imputer `2 
une volont de lui nuire --
comprendra qu'il y a des limi-
tes  sa toute-puissance, que
la ralit impose ses lois
    l.`45
et qu'on ne peut agir sur elle
qu'en leur obissant. plus
encore, il dcouvrira que ce-
lui qui a raison n'est ni le
plus fort, ni le plus s-
ducteur, mais celui qui d-
montre le mieux et peut faire
comprendre sa dmonstration 
toutes et  tous...
  mais on aurait tort, bien
s5r, de rserver  l'cole ces
apprentissages fondamentaux:
les parents et tous les duca-
teurs peuvent, au quotidien,
incarner
b`6                        `17
    l.`50
cette vertu fondamentale
qu'est la capacit de penser
contre soi-m2me, c'est--dire
de "penser" tout simplement:
avouer qu'on ne sait pas tout,
se mettre en recherche rgu-
lirement, associer l'enfant 
cette dmarche et l'inviter 
s'y engager lui-m2me, sans
cesse, obstinment et sereine-
ment.
  car la srnit est es-
sentielle en la matire. ac-
cepter de se laisser dstabi-
liser,
    l.`55
entendre des objections, voire
des contradictions, suppose
d'avoir un environnement suf-
fisamment scurisant pour ne
pas se sentir agress. une
remise en cause cognitive `3
n'est supportable, en effet,
que si l'on bnficie par ail-
leurs d'un relatif quilibre
c`6                        `18
affectif. se laisser
convaincre par un argument
contradictoire implique de ne
pas en 2tre trop personnelle-
ment affect, donc de se sa-
voir respect, reconnu,
    l.`60
estim par la personne qui
vous demande de renoncer  une
partie de vous-m2me.

      `803 mots

      `1 mancipation: lib-
    ration.
      `2 imputer : ici,
    interprter comme.
      `3 cognitive: qui
    concerne l'acquisition des
    connaissances.






d`6                        `19
            essai

  la "bonne ducation" est-
elle celle qui apprend  dou-
ter,  remettre en question
ses certitudes?

  vous dvelopperez de mani-
re organise votre rponse 
cette question en prenant ap-
pui sur gargantua de rabe-
lais, sur le texte de
l'exercice de la contraction
et sur ceux que vous avez tu-
dis dans le cadre de l'objet
d'tude "la littrature d'i-
des du xvi^e au xviii^e
sicle". vous pourrez aussi
faire appel  vos lectures et
 votre culture personnelle.






`7                         `20
  b -- la bruyre, les
caractres, livre xi "de
l'homme".
  parcours: peindre les hom-
mes, examiner la nature humai-
ne.

  texte d'aprs anne-marie
lecoq, article "physiognomo-
nie", encyclopaedia uni-
versalis.

  contraction de texte

  :vous rsumerez ce texte
en `189 mots. une tolrance
de `!/-10 est admise: votre
travail comptera au moins
`170 mots et au plus
`208 mots.
  vous placerez un repre
dans votre travail tous les
`50 mots et indiquerez,  la
fin de votre contraction, le
nombre total de mots utili-
ss.
a`7                        `21
      `;les notes de bas
    de pages se trouvent
     la fin du texte
    page braille `28'

  la physiognomonie se propo-
sait autrefois de lire  coup
s5r, dans les traits perma-
nents du visage et du corps,
les dispositions naturelles,
les m9urs, le caractre. elle
se prsentait comme "l'art de
conna3tre les hommes" et no-
tamment de percer  jour les
mchants en dpit de leur dis-
simulation. elle intressait
donc,
    l.`5
outre tout un chacun, les
anc2tres du psychologue, le
philosophe et le mdecin.
  l'volution des connais-
sances dans les domaines de
l'anatomie, de la physiologie,
du psychisme a peu  peu ruin
ses appuis scientifiques.
b`7                        `22
cela ne l'emp2che pourtant
pas de survivre et souvent
sous sa forme la plus inqui-
tante: le racisme n'a pas
manqu d'y avoir recours. on
la retrouve dans des magazines
    l.`10
fminins par exemple qui, dans
la ligne du s1r pladan, au-
teur d'un :art de choisir sa
femme d'aprs la physionomie,
fournissent des conseils pour
reconna3tre, d'aprs la bouche
ou les sourcils, le ou la
partenaire  rechercher ou 
viter. plus srieusement,
elle reste utilise, sous le
nom de "morphopsychologie",
avec d'autres rfrences et un
vocabulaire modernis, dans
les pratiques de recrutement
    l.`15
et elle est enseigne dans des
coles de commerce o l'on
veut apprendre  mieux
"cerner" le client potentiel.
c`7                        `23
la physiognomonie fait partie
intgrante de l'histoire des
ides et a jou un r4le
important dans la cration
littraire et artistique.
  le premier peintre de
louis xiv s'est intress 
la physiognomonie tradition-
nelle, sur laquelle il donna
une confrence devant l'aca-
dmie royale de peinture et
    l.`20
sculpture en `1671. le brun
cherchait  la fois  reprer
les traits distinctifs oppo-
sant la face humaine au facis
animal (il pensera les trouver
dans l'inclinaison des yeux,
la direction du regard et le
froncement du sourcil) et le
moyen de mesurer le degr d'a-
nimalit (ou au contraire
d'humanit, c'est--dire
d'"lvation d'esprit") des
visages humains. selon lui,

d`7                        `24
les m2mes indices permettaient
de reconnaitre, chez les
    l.`25
animaux d'abord et ensuite
chez les hommes, cruaut, vo-
racit, force, audace, intel-
ligence, ruse, et leurs
contraires. ses travaux sur
l'expression connurent un suc-
cs immdiat. au xvii^e
sicle en effet, une nouvelle
branche de l'"art de conna3tre
les hommes" se constitue  c4-
t de la physiognomonie tradi-
tionnelle: l'tude des "pas-
sions de l'1me" et de la ma-
nire dont elles modifient le
visage
    l.`30
(pathognomonie).  l'poque
des lumires, la physiognomo-
nie traditionnelle devient
suspecte. on ne croit plus 
l'existence de rgles s5res
pour conna3tre les hommes du
premier coup d'9il: les traits
e`7                        `25
de physionomie sont m2ls et
confus, la contradiction est
m2me possible entre l'2tre
intime et l'apparence. en re-
vanche, on estime que la
pathognomonie, qui tudie les
signes des passions, est une
science
----------------------------`8

    l.`35
authentique et lgitime. on
reprend les expressions de le
brun, on s'intresse au jeu
des acteurs.
  la fin du xviii^e sicle
voit la rsurgence de la phy-
siognomonie. l'ouvrage de
lavater, :essai sur la
physiognomonie, est tout
entier fond sur une
conviction religieuse: dieu
conna3t le c9ur et l'1me des
hommes. en cela, l'homme doit
imiter

a`8                        `26
    l.`40
le crateur et donc s'ef-
forcer de conna3tre les autres
hommes, en utilisant le moyen
supr2me de toute connaissance:
les sens. lavater postule en
effet l'harmonie entre la
beaut morale et la beaut
physique. la vertu embellit,
le vice enlaidit. les signes
les plus importants apparais-
sent sur le visage. les
traits mobiles, les parties
molles de la face, rvlent la
vie morale. au repos, ils
permettent de lire la sensibi-
lit,
    l.`45
l'irritabilit, les passions
habituelles; en mouvement, les
affects `1 passagers. les
parties solides de la t2te et
surtout le front renseignent
sur la vie spirituelle et
intellectuelle. c'est  elle
que s'intresse en premier
b`8                        `27
lieu lavater, et c'est
pourquoi il attache une grande
importance  la silhouette.
on peut devenir un bon phy-
siognomoniste par les 9uvres:
observer sans rel1che, dessi-
ner, mesurer,
    l.`50
comparer, collectionner les
cr1nes des hommes clbres.
l'ouvrage de lavater suscita
de violentes critiques. georg
christoph lichtenberg, pro-
fesseur de physique 
g9ttingen, mais aussi homme
de lettres et satiriste,
persuad de la dysharmonie
entre le corps et l'1me et de
l'ambigu7t profonde d'un "moi
 double face", rpliqua:
"cet 2tre inintelligible `2
que nous sommes nous-m2mes et
qui nous
    l.`55
para3trait bien plus inintel-
ligible encore si nous pou-
c`8                        `28
vions nous en approcher da-
vantage, il ne faut pas vou-
loir le trouver sur un front".
selon lui, le meilleur moyen
de conna3tre les hommes est de
les voir  l'9uvre.

      `754 mots

      `1 affects: motions.
      `2 inintelligible:
    incomprhensible.














d`8                        `29
            essai


  pour conna3tre la nature
humaine, peut-on se contenter
de portraits physiques?

  vous dvelopperez de mani-
re organise votre rponse 
cette question en prenant ap-
pui sur le chapitre "de
l'homme" des caractres de
la bruyre, sur le texte de
l'exercice de la contraction
et sur ceux que vous avez tu-
dis dans le cadre de l'objet
d'tude "la littrature d'i-
des du xvi^e au xviii^e
sicle". vous pourrez aussi
faire appel  vos lectures et
 votre culture personnelle.





`9                         `30
  c -- olympe de gouges,
:dclaration des droits de
la femme et de la citoyenne.
  parcours: crire et
combattre pour l'galit.

  texte d'isabelle gras,
"et pourtant, elles crent!",
l'lphant, no`17, janvier
`2017.

  contraction de texte

  vous rsumerez ce texte en
`193 mots. une tolrance de
`!/-10 est admise: votre
travail comptera au moins
`174 mots et au plus
`212 mots.
  vous placerez un repre
dans votre travail tous les
`50 mots et indiquerez,  la
fin de votre contraction, le
nombre total de mots utiliss.


a`9                        `31
      `;les notes de bas de
    pages sont en fin de texte
    pages braille `38 et `39'

  "comment les femmes au-
raient-elles jamais eu du g-
nie alors que toute possibili-
t d'accomplir une 9uvre g-
niale -- ou m2me une 9uvre
tout court -- leur tait refu-
se?", s'interroge simone de
beauvoir dans le deuxime
sexe. comprendre pourquoi
la cration intellectuelle et
artistique a si longtemps
constitu
    l.`5
un plafond de verre `1 pour
les femmes implique de s'at-
tarder sur les fondements de
la socit patriarcale. le
patriarcat, qui repose sur la
puissance de l'autorit pa-
ternelle, instaure une diff-
renciation des r4les masculins
et fminins trs marque, com-
b`9                        `32
me l'a analys l'anthropologue
franoise hritier.
conformment  cette division
sexuelle, les hommes investis-
sent les sphres sociales et
politiques alors que la sphre
prive
    l.`10
et le foyer familial relvent
des femmes. ds lors, la
cration de l'esprit devient
un attribut exclusivement
masculin, symbole de
transcendance `2. la femme
tant considre uniquement 
l'aune `3 de sa fonction
reproductrice, elle n'a pas 
se proccuper de la fcondit
de l'esprit.
  cette rpartition sexue
des crations intellectuelles
et charnelles participe ainsi

    l.`15
la prennisation `4 du syst-
me patriarcal. il faut ce-
c`9                        `33
pendant noter qu'en france,
sous l'ancien rgime, la
question de la cration fmi-
nine se pose avant tout sous
l'angle de l'appartenance 
l'ordre social. ainsi, une
cratrice issue de l'a-
ristocratie est socialement
tolre si elle se cantonne 
l'amateurisme et ne prtend
pas galer le gnie masculin.
les "femmes savantes" susci-
tent des sentiments ambiva-
lents,
    l.`20
comme molire l'a montr de
manire magistrale.
  c'est  partir du xix^e
sicle qu'on assiste  un
durcissement de la reprsenta-
tion de genre qui consacre
l'ide d'une absence de gnie
fminin. face au poids des
valeurs misogynes, "tout gnie
qui na3t femme est perdu pour
l'humanit", selon les mots de
d`9                        `34
stendhal. la cration fmi-
nine est juge aussi inutile
que dangereuse,
    l.`25
thorie appuye par des tra-
vaux mdicaux visant  d-
montrer l'infriorit congni-
tale `5 des femmes.
conformment aux strotypes
sexus, seuls les hommes ont
des prdispositions naturelles
 2tre des gnies, les femmes
sont quant  elles
---------------------------`10

cantonnes au r4le de muse,
objet passif de la cration.
pour une femme, crire et
participer  l'aventure de la
pense ont longtemps constitu
un acte de subversion `6.
    l.`30
  en analysant l'volution de
la figure de l'artiste dans
:la potique du m1le,
michelle coquillat, profes-
a`10                       `35
seure de littrature, montre
comment la cration littraire
a ainsi t le terrain
d'exercice privilgi de la
domination masculine. jusqu'
la fin du xviii^e sicle,
l'acte de cration fait rf-
rence  la cration divine:
l'homme a un pouvoir d-
miurgique `7 de cration ex
nihilo `8. (...)b
    l.`35
  2tre publie est un acte
dlicat pour une femme car, en
rendant ses textes visibles,
elle transgresse l'exigence
d'humilit que lui impose la
socit.  l'instar de marie
d'agoult, qui publie sous le
nom de daniel stern, combien
de femmes prfreront franchir
ce pas en choisissant un pseu-
donyme masculin ou l'anonymat?
au-del des contraintes impo-
ses, quelques-unes sont
parvenues  s'affirmer
b`10                       `36
    l.`40
comme cratrices,  l'instar
des artistes peintres rosa
bonheur ou berthe morisot.
et m2me si, aux funrailles
de george sand, hugo dcla-
re: "je pleure une morte et
je salue une immortelle", le
mythe de l'infriorit fmini-
ne reste solidement ancr dans
la socit du xix^e sicle.
les frres goncourt estiment
d'ailleurs qu'"il n'y a pas de
femmes de gnie: lorsqu'elles
sont des gnies, elles sont
des hommes". investir le
    l.`45
territoire de la cration ne
peut donc se faire qu'en re-
nonant  une suppose nature
fminine car les critres de
lgitimation restent mascu-
lins. pour contrer cette
hostilit, anna de noailles
fonde en `1904 le prix litt-
raire femina, dont le jury
c`10                       `37
runit des femmes de lettres.
  comme rimbaud l'annonait
de manire prophtique: "ces
potes seront!
    l.`50
quand sera bris l'infini
servage de la femme, quand el-
le vivra pour elle et par el-
le, (...)b elle sera pote,
elle aussi!" au xx^e
sicle, l'tau du code civil
se desserre et va permettre
aux femmes de s'manciper sur
le plan juridique, politique,
conomique et social. simone
de beauvoir encourage les
femmes  conqurir leur auto-
nomie et  bousculer l'ordre
symbolique. c'est  cette
condition qu'elles pourront
s'affirmer en
    l.`55
tant que cratrices. colette,
marguerite duras,
marguerite yourcenar et
nathalie sarraute se
d`10                       `38
distinguent parmi les auteurs
de la pliade du xx^e
sicle. les femmes accdent
enfin  la reconnaissance de
leur cration. en `1981, lors
de son discours de rception,
yourcenar, premire femme 
entrer  l'acadmie franai-
se, tient  rendre hommage 
la "troupe invisible de fem-
mes" qui auraient d5 recevoir
cet
    l.`60
honneur avant elle.

      `772 mots

      `1 plafond de verre:
    limite ou obstacle invi-
    sible qui emp2che d'aller
    au-del d'un certain ni-
    veau.
      `2 transcendance: ce
    qui relve de l'esprit, du
    spirituel, par opposition
    au corps,  la matire.
e`10                       `39
      `3  l'aune de: en
    fonction de.
      `4 prennisation:
    maintien.
      `5 congnitale: biolo-
    gique, de naissance.
      `6 subversion: rvolte,
    renversement de l'ordre
    tabli.
      `7 dmiurgique: divin.
      `8 ex nihilo:  partir
    de rien














f`10                       `40
            essai


  selon vous, crire suffit-
il  rendre visibles celles et
ceux qui ne le sont pas?

  vous dvelopperez de mani-
re organise votre rponse 
cette question en prenant ap-
pui sur la :dclaration des
droits de la femme et de la
citoyenne d'olympe de
gouges, sur le texte de
l'exercice de la contraction
et sur ceux que vous avez tu-
dis dans le cadre de l'objet
d'tude "la littrature d'i-
des du xvi^e au xviii^e
sicle". vous pourrez aussi
faire appel  vos lectures et
 votre culture personnelle.




